Du vendredi 18 septembre 2009 au vendredi 6 novembre 2009 de 11h00 à 19h00
Né en 1944 à Caracas, au Venezuela, Pancho Graells grandit à Montevideo, en Uruguay.
Connu du grand public comme dessinateur de presse, après 25 années passées au Monde, il continue au Canard Enchaîné, et collabore à de prestigieuses publications comme The Guardian et The New York Review of Books.
Peu dévoilée jusqu’à présent, la peinture de Pancho Graells, véritable espace de liberté, est nourrie par le dessin et la forme picturale. L’artiste d’aujourd’hui a construit cette œuvre à partir de l’art du portrait, peignant dans un style expressionniste et hallucinatoire des têtes d’écrivains et d’artistes de la culture universelle, sortes de “personnages en quête d’auteurs”.
L’écrivain uruguayen Eduardo Galeano a résumé la démarche de Graells par ses mots : Pancho Graells peint à la recherche du signe en chacun de nous.
Première exposition de cette nature que réalise l’artiste en France, elle présente un ensemble de près de cinquante tableaux, fruit d’un travail des vingt dernières années.
Dissipons l'équivoque : ce ne sont pas des portraits-charges. Chez Pancho Graells, la caricature, qu'il pratique d'ailleurs avec brio, le classant parmi les plus grands, se transforme par l'art du peintre en un instrument à penser l'âme, à la faire surgir, à la révéler...
Le portrait-charge vise à créer des « types » (on le voit bien dans les figures polychromes de Daumier: l'arrogance, la sottise satisfaite, la duplicité, la ruse matoise, etc.).
Le Portrait chez Pancho Graells témoigne des pulsions, des gouffres, des noeuds, des mystères mouvants de la psyché... On n'est pas dans la connivence ironique, on est bouleversé, interrogé, sommé par empathie de participer à ces « mystères ».
De toutes les cultures dont il s'est nourri, Pancho Graells opère des synthèses surprenantes : là, il joue de la puissance élémentaire d'un Permeke aux bruns terreux, lourds ; ici c'est un bleu baroque, si pur, presque métaphysique, celui de Poussin, là encore une taille à la serpe, sculpturale, cubiste et puis des effacements, des transitions équivoques, celles de Bacon.
Ainsi se révèlent un Joyce incertain, mélancolique, un Beckett énigmatique, habité de vide, un Dvorak à la barbe bonnardesque, tous saisis, l'âme à nu, voici Honegger massif, Pessoa, Rilke ...
Extrait du texte de Daniel Maja pour le livre publié aux éditions Galaade, avec des textes d’Eduardo Galeano, et Merete Reinholdt.
Commissaire Elsa Oriol.
Présentation du livre sur le site www.heyho.fr/fr/hey_ho/pancho_graells.html
Interview de Pancho sur le site du Salon du Livre Amérique latine www.ameriquelatine.msh-paris.fr/spip.php