Du vendredi 18 septembre 2009 au vendredi 6 novembre 2009 de 11h01 à 19h00
A la question "Qu'est-ce que le surréalisme ?", André Breton répondait en 1934 : "C'est la beauté de Benjamin Péret écoutant prononcer les mots de famille, de religion et de patrie". La même année, Paul Eluard écrivait sur son ami : " Ma fierté est de ne connaître que des hommes qui aiment autant que moi cette poésie spécifiquement subversive qui a la couleur d'avenir".
Les circonstances de la vie, et un goût pour les grands voyages qui apparaît dès son premier livre, Le Passager du transatlantique (1921), entraînèrent Péret vers les Amériques. Une première fois au Brésil, où il restera trois ans, de 1929 à 1931, après avoir épousé à Paris la cantatrice brésilienne Elsie Houston. Il y fondera, avec Mario Pedrosa, la Ligue communiste du Brésil (Opposition de gauche). Il s’intéresse aux rites et aux cérémonies du candomblé et de la macumba, et tisse des liens avec les écrivains et poètes du mouvement « anthropophage ». Son fils Geyser y naît. Une seconde fois, au Mexique, avec sa nouvelle compagne la peintre Remedios Varo, de 1941 à 1948. Il retrouve les artistes Wolfgang Paalen et sa femme Alice Rahon, Leonora Carrington, et se lie d’amitié avec Octavio Paz dont il traduira à la fin de sa vie le poème Pierre de soleil. Il y rencontre également le peintre Gunther Gerszo et le photographe Manuel Alvarez Bravo. Il est fasciné par l’art maya et les mythes et légendes des sociétés précolombiennes. Il entreprend une vaste anthologie, Anthologie des mythes, légendes et contes populaires d'Amérique, qu’il termine peu de temps avant sa mort.
En 1945, Péret, qui a repris l’activité militante avec un groupe de trotskistes espagnols émigrés et auprès de Natalia Sedova Trotski, publie à Mexico, Le Déshonneur des poètes, un vigoureux pamphlet en réponse à L’honneur des poètes, contre les versificateurs qui à la Libération se firent les hérauts de l'idéologie nationaliste.
De retour en France, Péret poursuit le combat surréaliste sans renoncer à l’activité politique. Il réédite en 1949 ses principaux poèmes sous le titre Feu Central (avec des illustrations de Tanguy) et publie en 1952 son grand poème Air Mexicain, illustré par Tamayo. Il publie en 1955 sa traduction du Livre de Chilam Balam de Chumayel et en 1956 une Anthologie de l’amour sublime. André Breton le fait figurer en 1950 dans la deuxième édition de son Anthologie de l’humour noir.
En 1955-1956, il séjourne à nouveau au Brésil (São Paulo, Rio de Janeiro, l’Amazonie) pour y rassembler des documents ethnographiques.
Il meurt le 18 septembre 1959 à Paris. Sa tombe porte, comme épitaphe, le titre d’un de ses recueils de poèmes, qui résume bien l’attitude de ce poète irréductible : Je ne mange pas de ce pain-là. Son Anthologie des mythes, légendes et contes populaires d’Amérique n’est publiée qu’en 1960.
Si, de son vivant, Péret eut beaucoup de mal à se faire publier et eut souvent recours aux «comptes d’auteur», son importance ne devait cesser de grandir après sa mort. Il est aujourd’hui considéré comme un des plus grands poètes de sa génération.
Manifestation organisée à l'initiative de l'Association des amis de Benjamin Péret, dans le cadre du cinquantième anniversaire de la mort de l'écrivain (4 juillet 1899 -18 septembre 1959).
L’Association édite depuis 1995 un bulletin consacré à Péret, Trois cerises et une sardine (24 numéros parus) qui publie régulièrement des inédits (textes, poèmes, correspondances). Depuis 2007 elle met en ligne sur son site internet de très nombreux documents sur Péret et le surréalisme.
Mardi 29 septembre à 18h30,
Autour de Benjamin Péret, avec la participation de Leonora de Abreu, Victoria Combalia, Gérard Durozoi et Jérome Duwa. Lecture de textes par Claude Courtot.L’Association des amis de Benjamin Péret édite un catalogue qui rassemble le texte des conférences prononcées lors de la soirée du 29 septembre 2009 à la Maison de l’Amérique Latine. Il comporte de nombreuses reproductions des documents exposés : livres, manuscrits et des photographies prises par Benjamin Péret au cours de ses différents séjours au Brésil et au Mexique.
Tant par la richesse de l’information que l’originalité des analyses, cette publication apporte une connaissance nouvelle et approfondie des rapports de Péret avec les Amériques. Elle nous conduit aussi à porter un regard neuf sur l’œuvre du poète d’Air mexicain.
Textes de : Gérard Roche, Leonor L. de Abreu, Gérard Durozoi, Victoria Combalía, Jérôme Duwa, Jean-Louis Bédouin.
Prix de la souscription jusqu’au 16 novembre : 12 euros (port compris). Après le 16 novembre : 18 euros.
Pour remplir le formulaire de souscription se rendre sur le site de l’Association www.benjamin-peret.org/association/presentation/benjamin-peret-et-les-ameriques-bon-de-commande-catalogue.html