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Du vendredi 14 novembre 2003 au vendredi 19 décembre 2003

Mario Gurfein

Cette exposition est associée au livre

 

Vernissage le jeudi 13 novembre à 18h30

Mario Gurfein est né à Buenos Aires en 1945. Après avoir étudié le violon, il s’oriente vers l’art pictural et devient en 1959 l’assistant du peintre Batlle Planas. Entre 1963 et 1964, il se fait embaucher à bord d’un cargo et sillonne le sud de l’Europe.
À partir de 1965, il travaille occasionnellement comme acteur, costumier et décorateur, vit entre Paris et Milan de 1967 à 1969 et s’installe définitivement à Paris en 1980, où il se consacre entièrement à la peinture et à la sculpture.

Gurfein joue avec l’ambiguïté et les atmosphères fantasmagoriques qui rappellent les peintures de Goya ou de Monet. Il abandonne rarement la figure humaine ou le sujet, développe un riche travail de texture, fruit d’une lente et subtile élaboration de la matière conjuguée à une rapide exécution de la composition. Il sait jouer de l’intuition et de la réflexion tout à la fois, faisant de la toile un lieu intemporel de méditation. Ses thèmes - « ranchos », « porte », « fenêtre », « arbre », « monde » - simples en apparence mais énigmatiques, font appel à une esthétique du silence, de l’absence, à une sensualité secrète dont les clés résident peut-être dans l’inconscient. Ses oeuvres sont tour à tour allusives et élusives, porteuses de voix intérieures et d’émotions contenues. Elles résonnent comme une petite musique de chambre aux notes de couleur, tantôt feutrées, tantôt étincelantes.

L’exposition présente une trentaine d’œuvres, réalisées ces dernières années. Les sculptures seront montrées pour la première fois au public. Extraits des textes publiés :

D’emblée, devant certaines toiles de Gurfein, j’ai eu l’impression d’entendre l’ultime témoignage d’une mémoire qui s’éteint et, en même temps, d’assister, grâce à la sollicitude du peintre, à l’embellie de quelque désastre unanime ; dans ses paysages, rien n’est en gestation ; tout a déjà eu lieu ; ne semblent subsister que des menaces, les clignements d’un incendie lointain, les traces du dernier coucher de soleil ; le silence règne sur un monde où il ne reste aucun témoin, la lune exceptée – la lune qui observe et qui, ici ou là, devient la tête d’un décapité, ou s’en éloigne, souriante.
Hector Bianciotti, de l’Académie Française.
Les maisons de Gurfein, et leur environnement abandonné, me semblent être ce lieu : où la puissance du lent dévoilement à quoi tout artiste se donne s’accorde à l’innocence de nos violences, les cachant toutefois sous un théâtre silencieux. Les fenêtres ouvrent un chenal entre ces deux nécessités de notre vision, c’est ce que naïfs nous appelons aujourd’hui : faire interface. Reconnaissons plutôt qu’il s’y trame un infini de faces, toutes les faces de notre condition : les masques aux mille miroirs éclatés, où nous hésitons à nous voir, et les humbles et tenaces reflets que nous surprenons alentour, qui nous permettent de réfléchir.
Édouard Glissant.
Le livre Mario Gurfein, est publié à cette occasion, co-édition Somogy Editions d’Art et Maison de l’Amérique latine (48 p., 20 Ill. couleur, 17 euros). Textes de Hector Bianciotti, de l’Académie Française (dernier ouvrage La nostalgie dans la Maison de Dieu, Ed. Gallimard, 2003), Edouard Glissant, écrivain, poète et essayiste, (dernier livre Ormerod, Ed. Gallimard, 2003) ; entretien avec Lydia Harambourg, historienne et critique d’art, écrivain.


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Programmation culturelle jeudi 17 mai 2012