Parallèlement,
Jorge Camacho expose à la
Galerie Thessa Herold, Le livre des fleurs du 22 mars au 30 avril, 7 rue de Thorigny, 75003 Paris, et à la
Galerie Les Yeux Fertiles du 28 mars au 30 avril, 27 rue de Seine, 75006 Paris
Un ouvrage aux
Editions Somogy est publié à l’occasion de l’exposition (co-édition Maison de l’Amérique latine, préface de
Zoé Valdés et entretien avec
Gérard Durozoi, critique d’art. 46 pages + 20 illustrations, Mars 2003, 17€ (Prix Presse 13€).
Jorge Camacho est né en 1934 à La Havane, Cuba.
Autodidacte, il a voyagé au Mexique dans les années cinquante, découvrant les splendeurs de l’art précolombien, surtout maya, qui nourriront sa vision d’artiste.
En 1959 il quitte Cuba et s’installe à Paris où il rencontre
André Breton et les Surréalistes. Il participe en 1965 à la XIe Exposition Internationale du Surréalisme, l’
Ecart Absolu, à la
Galerie L’Oeil, puis à différentes reprises à la
Galerie Raymond Cordier à partir de 1960. Il deviendra plus tard un proche ami de
Henri Michaux et
Joyce Mansour.
Autre date clé dans son itinéraire, sa participation en 1967 au mythique
Salon de Mai de La Havane organisé par le peintre cubain
Wifredo Lam. Il y rencontrera
Reinaldo Arenas, le célèbre écrivain cubain persécuté par le régime castriste dont il sera le plus grand défenseur et diffuseur de l’œuvre à l’étranger. À partir de 1968 il s’intéresse à l’étude de la Science alchimique, à la Cabale, au chamanisme, et choisit comme devise « Silentium Post Clamores ». Il cessera de participer à toute activité collective.
Artiste aux multiples facettes, esprit libre et curieux de tout, collectionneur d’objets « primitifs », il puise dans tous les domaines de la culture et de la création pour alimenter son art : le jazz ; la musique andalouse, la poésie française et haïtienne qu’il traduit lui-même en espagnol. Il dirigera une collection sur la science alchimique chez
Fata Morgana, rédigera un traité hermétique Héraldique Alchimique Nouvelle, et se tournera finalement vers la photographie. Parallèlement, il a effectué maints voyages dans la réserve de bois brûlés de Doñana près de Séville, de nombreuses expéditions ornithologiques en Guyane et au Venezuela qui ont donné lieu à des essais sur les insectes et de mystérieux oiseaux rares.
L’œuvre de
Jorge Camacho provient d’un désir de peindre tout ce que le réel a d’énigmatique et de paradoxal.
Le monde qu’il nous livre est celui du mystère et de l’intemporel, habité par des êtres et des formes surpris en plein processus de mutation et de croissance expansive.
Le cosmos inventé par Camacho révèle une iconographie des plus singulières, porteuse d’images perturbatrices et inquiétantes, baignant dans une lumière intense et saturée. Le dessin prédomine au service de figurations insolites, désincarnées, théâtrales qui évoluent dans un climat souvent menaçant mais altéré par le savoir-faire de l’alchimiste et un sens aigu du merveilleux. Cette exposition a été réalisée avec le soutien des ministères des affaires étrangères et de la culture et de la communication, département des affaires internationales (D.A.I.), et de la banque interaméricaine de développement (BID).